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Les jeunes Autochtones au cœur de l’action à la COP 25


Dernier ajout : 16 décembre 2019, par Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)

LES JEUNES AUTOCHTONES AU CŒUR DE L’ACTION À LA COP 25
Par Carlee Kawhinhata Loft et Denis Côté

Les peuples autochtones à travers le monde entretiennent des liens étroits avec l’environnement. Alors qu’ils réclament toujours la réparation des blessures laissées par la colonisation et la reconnaissance de leurs droits, notamment à l’autodétermination, ils doivent maintenant en plus faire face aux conséquences des changements climatiques. En raison de leur proximité souvent physique, mais aussi culturelle et spirituelle avec la nature, ils sont particulièrement vulnérables aux conséquences des changements climatiques. Mais c’est aussi en raison de cette proximité et des savoirs traditionnels qu’ils ont développés à travers des millénaires que les peuples autochtones représentent une grande partie de la solution pour contrer les changements climatiques.

La COP 25 a été décevante à plusieurs niveaux jusqu’à présent. On ne sent pas chez les États l’urgence de prendre les moyens nécessaires pour faire face à la crise climatique. Pendant que les pays du Nord restent campés dans la rhétorique et refusent de faire leur juste part pour appuyer financièrement les populations les plus vulnérables, d’autres s’emploient à s’assurer que les mots « droits humains » et « droits des peuples autochtones » soient évacués des textes des accords. Pour la société civile présente à Madrid, la plus grande lueur d’espoir depuis deux semaines est venue de la mobilisation courageuse et inspirante des jeunes, et des jeunes Autochtones en particulier.

Article 6
L’article 6 de l’Accord de Paris est un enjeu crucial des négociations qui se déroulent à Madrid. Cet article a pour but d’encourager une coopération volontaire entre les pays afin qu’ils puissent s’aider les uns les autres à réduire leurs émissions. En gros, il s’agit de réglementer les systèmes d’échanges de crédits et d’émissions de carbone entre les pays.

Beaucoup de personnes, y compris les Autochtones, considèrent queles marchés du carbone représentent une fausse solution à la crise climatique. En effet, ce genre de système participe de la même logique capitaliste qui a causé les changements climatiques et est utilisé pour justifier la réalisation de projets de « développement » sur des territoires appartenant à des communautés, très souvent des communautés autochtones, n’ayant pas donné leur consentement libre, préalable et éclairé. Dans un monde idéal, on n’aurait pas besoin de l’article 6, car il n’y aurait pas de marché du carbone.

Mais comme les marchés du carbone existent déjà et que d’autres vont se développer dans les prochaines années, il est important de se donner règles claires : par exemple, ne pas compter les réductions de gaz à effet de serre deux fois, ou encore ne pas transférer les crédits accumulés sous le mécanisme du protocole de Kyoto dans le mécanisme de l’Accord de Paris, afin que les réductions soient réelles et pas seulement le fruit d’une comptabilité créative.

Au-delà de ces règles cependant, il est crucial de s’assurer que les droits humains et les droits des peuples autochtones (incluant les droits collectifs à leur culture, à leur langue, etc.) soient protégés. Et c’est là que les négociations achoppent. En effet, certains pays font des pressions pour que la protection de ces droits ne fasse pas partie du texte final de l’article 6.


Crédit photo : Indigenous Climate Action

Une grande partie de la mobilisation des peuples autochtones à la COP 25 visent donc à faire pression sur les États pour s’assurer que le respect de leurs droits soit inscrit noir sur blanc dans le texte de l’article 6. Pour les Autochtones, il s’agit d’une question de respect de leur souveraineté sur leurs territoires. Ce n’est pas que du militantisme : c’est une question de survie. Vous trouverez ici la lettre qu’ils ont fait parvenir au ministre de l’Environnement au sujet de l’article 6.

Les jeunes Autochtones ont donc été très mobilisés pendant la COP 25. Afin d’amplifier leurs revendications, voici quelques-unes des actions qu’ils ont menées à Madrid au cours des deux dernières semaines.

#FixArticle6 (Réparer l’article 6)
Cette action sur l’article 6 fut la première coordonnée par les jeunes Autochtones à la COP. Des jeunes Autochtones des quatre coins du monde se sont réunis pour partager des histoires racontant ce qui se passe dans leurs communautés lorsque leur droit d’être consulté n’est pas respecté. Les personnes participant à cet événement ont lancé un appel aux délégués présents à la COP demandant qu’ils fassent pression sur leurs gouvernements pour que les droits des peuples autochtones soient respectés dans l’article 6.


Crédit photo : Nicole Hunt - Te Ara Whatu

Reject Teck
Le projet Teck vise à créer la plus grande mine à ciel ouvert mine de sables bitumineux jamais vue. Si elle est construite, il sera impossible pour le Canada de respecter ses engagements en matière de lutte aux changements climatiques, et les droits des peuples autochtones continueront d’ être bafoués.


Crédit photo : Allan Lissner – Indigenous Climate Action

Vous pouvez signer la pétition demandant au ministre de l’Environnement du Canada de ne pas approuver le projet TECK ici : https://etchekwied.wixsite.com/rejectteck/take-action

Marche pour le climat à Madrid
Les Autochtones de différentes régions du monde étaient à la tête dela marche pour le climat qui a rassemblé 500 000 personnes dans les rues de Madrid le 6 décembre dernier. Les jeunes Autochtones se retrouvent en première ligne face aux changements climatiques et ils sont aussi en première ligne de la résistance.


Crédit photo : Nicole Hunt - Te Ara Whatu

Manifestation dans l’enceinte de la COP
Le 11 décembre, juste avant le discours du secrétaire général des Nations unies, des membres des peuples autochtones et d’autres représentantes et représentants de la société civile de différentes régions du monde ont organisé une manifestation non autorisée pour demander aux dirigeants de s’engager à respecter leurs droits. Suite à l’événement, plusieurs personnes ont été repoussées à l’extérieur de la COP par la police, parfois violemment.

Pour en savoir plus sur les revendications et les activités des jeunes Autochtones pendant la COP25, consultez le site web d’Indigenous Climate Action, ainsi que leur page Facebook.


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