Racisme, exploitation, expulsions : à la défense des milliers de personnes d’origine haïtienne expulsées de République dominicaine


Dernier ajout : 25 avril 2017, par Concertation pour Haïti

Rencontre d’information et de mobilisation

Pour contrer les expulsions massives de République Dominicaine de milliers de travailleurs d’origine haïtienne et de leur famille

Ils sont 500 000 travailleurs étrangers en République Dominicaine, dont 85% sont d’origine haïtienne. Ils constituent une main d’œuvre bon marché qui travaille dans l’agriculture, la construction, le tourisme, le service domestique : ils occupent des emplois dont les dominicains ne veulent pas parce que les salaires sont très bas et les conditions de travail extrêmement dures. La majorité vit dans une grande pauvreté.

Ils et elles sont d’origine haïtienne, certains nés en Haïti, d’autres dont la famille est arrivée il y a deux, trois et même quatre générations. La plupart n’ont pas de documents d’identité, ni de leur pays d’origine, ni de RD où beaucoup sont nés. Ils n’ont donc droit à aucun avantage social, à commencer par le droit à l’éducation qui s’arrête après le niveau primaire, non plus qu’à aucune protection sociale en santé, travail. À certains, on avait accordé la nationalité selon le principe de la "loi du sol", reconnu en droit international, pour ensuite la leur retirer par une décision du Tribunal constitutionnel de septembre 2013 (168-13), ce qui fait de ces gens des APATRIDES, des gens sans droits aucun. D’autres sont des migrants sans papiers, donc illégaux en sol dominicain, qui n’arrivent pas à régulariser leur situation car le programme de régularisation du gouvernement est difficilement accessible.

En fait, tous sont expulsables à volonté, le nombre d’expulsions variant selon la situation politique entre les deux pays, les intérêts des gouvernements dominicains successifs, la situation économique, le racisme teintant tous ces facteurs.

Les expulsions vers Haïti se sont intensifiées depuis 2013. Les opérations sont menées par les corps policiers et l’armée, de façon brutale, sans préavis. En 2016, Selon le Groupe d’appui aux Rapatriés et Réfugiés - GARR, 65 566 retours ont été enregistrés aux frontières d’Haïti soit 30 030 expulsions et 35 536 retours volontaires (par crainte des expulsions violentes).

Une fois en Haïti, ces réfugiés dans leur propre pays se retrouvent dans le dénuement, dans des campements de fortune, n’ayant pour la plupart plus de liens en Haïti.

Et il semble qu’au mois de juin, des expulsions massives auront lieu étant donné les lenteurs et tracasseries des autorités dominicaines qui ne permettront pas aux personnes concernées de régulariser leur situation dans les délais prévus.

Les gouvernements successifs d’Haïti ont une grande part de responsabilité dans cette situation, les institutions d’état civil étant à peu près inopérantes pour délivrer des certificats de naissance, des pièces d’identité et des passeports qui pourraient permettre aux travailleurs migrants de régulariser leur situation en RD.

De nombreuses pressions sont venues des Nations Unies, de l’Organisation des États Américains, d’organisations de droits de la personne, de solidarité, développement international, de syndicats, auxquelles s’est jointe la Concertation pour Haïti demandant à la RD de cesser les expulsions et aux deux pays de prendre des mesures pour régulariser la situation.

Souhaitant intensifier le soutien aux Haïtiens et Haïtiennes concernés la Concertation pour Haïti vous invite à une rencontre d’information et de mobilisation sur cette question :

  • pour informer sur la situation précaire et injuste qui est celle de ces travailleurs et de leur famille, leurs conditions de travail et de vie grâce au film Citoyens de Nulle part du québécois Nicolas-Alexandre Tremblay sera présenté et à la Clinique
  • pour faire connaître les actions de plusieurs groupes basés au Québec depuis les années ’80 qui ont milité en faveur de ces travailleurs et de leur famille
  • pour proposer des interventions :
    1. auprès du gouvernement du Canada l’invitant à intervenir auprès de la République Dominicaine vers le respect des droits des Haïtiens dans ce pays et celui d’Haïti pour qu’il se conforme à ses devoirs de doter ses citoyens de documents d’identité et nationalité.

2. auprès du gouvernement dominicain pour le presser de respecter les droits civils des Haïtiens d’origine qui vient et travaillent en RD,

3. auprès du gouvernement haïtien pour qu’il s’acquitte de ses responsabilités de doter ses citoyens des documents d’état civil indispensables à leurs activités de travail en RD.

18h - Présentation du film « Citoyens de nulle part » en présence du réalisateur Nicolas Alexandre Tremblay .

19h – Présentations-échanges sur la brutalité des expulsions et l’iniquité des mesures juridiques de la République dominicaine, les responsabilités de l’État Haïtien, les actions menées au Québec depuis plus de 25 ans. Des actions seront proposées pour presser les gouvernements concernés de trouver des solutions à ces injustices.

Lieu : Centre N A RIVE
6971, rue Saint-Denis (angle Bélanger, métro Jean-Talon)

Date : Mercredi 3 mai 2017
Heure : 18h

Entrée gratuite
Un léger goûter sera servi

Cet événement est organisé par la Concertation pour Haïti en collaboration avec le Comité d’actions décision 168-13 - République dominicaine


Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)

L’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), est un regroupement de 65 organisations québécoise qui œuvrent, à l’étranger et au Québec, pour un développement durable et humain.

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