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Mer et Monde

Mireille Doré

Projet 50+ Automne 2009


D’abord enseignante, puis formatrice, Mireille Doré a été gestionnaire de programmes de formation et d’intégration à l’emploi pendant plusieurs années avant de prendre sa retraite en 2006. Elle est partie pour le Sénégal avec Mer et Monde en 2009, où elle a fait de l’alphabétisation auprès des femmes.

À son retour du Sénégal, madame Doré s’est impliquée dans les activités de Mer et Monde au Québec, notamment en tant qu’administratrice, formatrice et membre des comités de promotion et de reconnaissance des bénévoles, dont elle anime également la soirée. Lors du séisme qui a frappé Haïti en 2010, madame Doré a recruté et formé le bénévoles à la Maison d’Haïti.

En 2011, elle est également allée en Inde pour enseigner bénévolement l’anglais aux réfugiés tibétains dans le cadre d’un projet solidaire du collège Marie-Victorin. Puis en 2012, elle a participé à un autre projet avec le collège, cette fois au Vietnam, où elle a enseigné à des enfants d’un quartier défavorisé.

Entre ses séjours à l’étranger, madame Doré s’est impliquée bénévolement dans son milieu. Elle est formatrice en alphabétisation aux Ateliers Mot à Mot et administratrice au Service d’aide communautaire Anjou. Elle a d’ailleurs a reçu le prix de la Relève bénévole de l’arrondissement Anjou en 2008.

Administratrice au CSSS de la Pointe-de-l’Île jusqu’en 2012, elle a été aussi répondante au courrier des enfants à la Maison des enfants. Elle est présentement animatrice-lectrice auprès d’élèves de la maternelle dans le cadre de Lire et faire lire.

Ses séjours solidaires à l’étranger l’ont motivée à entreprendre un AEC en Développement communautaire et relations culturelles qu’elle a terminé en 2012. Madame Doré détient également une Maîtrise en Éducation (Andragogie).

Réflexion sur mon développement personnel et ma soif de l’engagement
par Mireille Doré

La décision de vivre l’expérience d’immersion culturelle actuelle remonte à mon enfance ! J’ai souvenir de ces petites cartes jaunes, roses et vertes avec des photos d’enfants très mignons que nous achetions pour les œuvres de la Sainte-Enfance. Enfant unique, j’adorais agrandir ma famille de cette manière. Je me revois, assise sagement dans l’auditorium de l’école, écoutant avidement les récits des religieuses de l’Immaculée-Conception qui revenaient de mission. Je rêvais moi aussi un jour de visiter ces contrées lointaines et d’aider ceux qui en avaient besoin.

Au collège, j’ai participé à la planification d’un projet d’aide humanitaire auquel un malheureux accident de ski mit fin. Au début de ma carrière, j’ai rencontré des collègues qui avaient fait un séjour de coopération avec l’ACDI et qui en revenaient enchantés. Je les enviais, mais je menais une vie trépidante ici même au Canada et cela me satisfaisait et me rendait heureuse. Mon désir de travail humanitaire à l’étranger s’est estompé au profit de mes nouveaux défis professionnels et familiaux. Je me suis mariée, j’ai eu une fille et nous avons voyagé en famille, surtout au Québec et aux États-Unis.

Puis, à l’adolescence, ma fille s’est mise à rêver d’aide humanitaire, comme sa maman avant elle, au même âge. Malgré mes craintes de mère, je l’ai soutenue, comprenant trop bien la puissance d’un rêve et l’importance de le réaliser pour s’accomplir pleinement. J’ai suivi ses aventures avec autant de passion et d’enthousiasme qu’elle en mettait à les vivre. Cela a ravivé ma flamme solidaire et grâce à son encouragement, j’ai repris confiance en moi et je me suis mise à penser que je pouvais partir à mon tour, la retraite venue.

Une fois à la retraite, j’ai fait du bénévolat dans ma communauté pour m’assurer que j’avais vraiment la fibre « bénévole ». Et que oui ! J’en ai retiré énormément de satisfaction et de plaisir. J’ai participé à un premier projet solidaire trois ans plus tard au Sénégal avec Mer et Monde et ce fut le coup de foudre et un coup de jeunesse. C’est pourquoi, je suis repartie en Inde, puis au Vietnam avec la conviction que j’en retirais autant et même plus que ce je donnais de moi-même.

« L’alphabétisation, un pas vers l’autonomie des femmes sénégalaises »
Texte complémentaire de réflexion sur l’expérience de Mireille Doré au Sénégal

À l’automne 2009, j’ai eu le plaisir de participer à un stage en alphabétisation auprès des femmes, dans deux villages situés à environ 7 km de Thiès, au Sénégal. Leur langue maternelle est le sérère, mais elles parlent aussi le wolof, langue commune des sénégalais, alors que le français est la langue officielle de l’administration. Près de 50,4%* des femmes sénégalaises sont analphabètes.

Ces femmes ont besoin du français pour lire les documents officiels qui leur parviennent du gouvernement, de l’école de leurs enfants, etc. En plus de travailler aux champs, plusieurs ont leur petit commerce sur la route. Elles font parfois affaire avec des acheteurs qui parlent français et elles souhaitent négocier le prix dans cette langue. Elles ont aussi besoin de notions de calcul pour faire le commerce.

À Keur N’Dioukoune, c’est un premier projet dans ce village. Lors de la rencontre de planification avec les responsables du projet et les futures participantes, on en arrive rapidement à un consensus. Il y aura deux classes par semaine de 15h30 à 17h30, afin de permettre aux femmes de faire leurs travaux aux champs, cueillette des arachides oblige. Une classe aura lieu à l’extérieur, sous le baobab, au cœur du village. L’autre groupe utilisera la chambre d’une maison. Environ douze femmes suivront ces cours, leur dernier-né accroché au dos, pour certaines. Je formerai en français alors que mon collègue s’occupera du calcul.
À Lalane, des classes de l’école primaire sont mises à notre disposition. Les formateurs sénégalais assistent à nos cours afin d’assurer la relève à notre départ. Le retour que nous faisons avec eux, immédiatement après le cours, nous permet d’ajuster les prochains cours selon les besoins. Ces discussions nous permettent aussi de comprendre nos approches de formation respectives. Il va sans dire que ces échanges nous furent mutuellement bénéfiques.

Plus je m’imprègne du quotidien de ces femmes, plus je me rapproche d’elles et de leurs besoins, et plus je me sens pertinente dans mon enseignement. Des mises en situations sur la famille, le marché, les repas, le travail aux champs, le commerce, un voyage en ville, un parent malade, la Tabaski (fête religieuse), sont autant d’occasions qui nous permettent d’échanger en français sur leurs conditions de vie, souvent difficiles. En deux mois, elles auront réussi à écrire certains mots usuels, mais aussi et surtout à acquérir la confiance en soi pour s’exprimer en français dans des situations simples de la vie quotidienne.

J’ai eu le privilège de rencontrer des femmes courageuses, belles, fières et déterminées à assumer leur autonomie. J’ose croire que j’ai fait une petite différence, non seulement pour les connaissances que je leur ai transmises mais aussi et surtout à cause de la complicité et de l’amitié que nous avons développées ensemble. Leurs rires résonnent encore dans ma tête. On ne met jamais un point final à une telle expérience humaine !

Mireille Doré
Projet 50+ automne 2009
*Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) du Sénégal.


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