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L’AQOCI s’inquiète des conséquences de la poursuite des projets de développement international avec les compagnies minières


Dernier ajout : 6 mars 2015, par Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)

Montréal, le 6 mars 2015 – L’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) est préoccupée par les propos du ministre du Développement international et de la Francophonie, monsieur Christian Paradis, annonçant la poursuite des orientations favorisant des partenariats entre les compagnies minières canadiennes et les organismes de coopération internationale.

Depuis 2012, le MAECD encourage les partenariats entre les organisations de coopération internationale (OCI) et les compagnies minières canadiennes dans le cadre de projets visant une plus grande responsabilité sociale des entreprises (RSE). L’évaluation de trois projets pilotes est toujours attendue. Rappelons que ce virage a soulevé la controverse dès son lancement, puisqu’il conduit les OCI à établir des relations avec des compagnies minières sans que de véritables balises viennent encadrer un rapport de force équilibré. Or, depuis 2012, aucune législation n’a été adoptée afin d’inscrire en droit canadien des obligations de prévention des dommages sanitaires, sociaux, environnementaux et liés aux droits humains, prévoyant, en cas de manquement, des sanctions à la fois civiles et pénales. L’AQOCI s’est jointe à la campagne lancée par le Réseau canadien pour la reddition de comptes des entreprises (RCRCE) réclamant un poste d’ombudsman indépendant propre au secteur minier. Demande largement appuyée, mais qui est restée sans réponse. « Sans de tels garde-fous, comment peut-on envisager des partenariats entre les minières et les OCI ? », s’inquiète Gervais L’Heureux, directeur général de l’AQOCI.

Comme précisé dans la politique de partenariat lancée en février dernier par le MAECD, les partenariats doivent contribuer à « faire entendre les points de vue des pauvres et des personnes marginalisées, y compris les femmes et les filles ». Outre un apport financier à portée sociale très limitée, il est prouvé que les projets miniers ont eu des conséquences négatives dans le passé dans plusieurs régions du monde. Les actions néfastes de certaines compagnies minières canadiennes au Pérou, au Guatemala, au Chili et en RDC, pour ne citer que quelques pays, ont été largement décriées par plusieurs chercheurs. Ils ont engendré un non-respect des droits humains, et plus particulièrement ceux des femmes, et la création de conflits sociaux qui ont provoqué une plus grande marginalisation des plus pauvres.

L’AQOCI craint également que les partenariats entre les OCI, leurs partenaires du Sud et les compagnies minières ne minent la réputation des OCI à long terme en cas de tels conflits et nuisent à leur autonomie de parole et d’action. Cela entrerait en contradiction avec la politique de partenariat de bâtir un environnement pour la société civile, « qui favorise des institutions efficaces et responsables, qui respecte les droits de la personne et où la primauté du droit protège et met en valeur les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique ».

L’AQOCI reconnaît que le secteur privé peut contribuer au développement, pourvu qu’on puisse en évaluer son apport. Le gouvernement devrait cibler en premier lieu les petites et moyennes entreprises des pays du Sud dans sa volonté de créer des partenariats entre acteurs du développement. Nous croyons également qu’il n’est pas du ressort des OCI d’agir comme intermédiaires impartiaux dans les situations de conflit entre les gouvernements, le secteur privé et les communautés dans les pays du Sud. Ce rôle revient davantage à un organe juridique indépendant, tel qu’un ombudsman.

Selon Gervais L’Heureux, directeur général de l’AQOCI, « l’objectif qui vise à augmenter l’aide publique au développement (APD) à 0.7 % du revenu national des pays donateurs a été à plusieurs reprises réaffirmé dans les déclarations des réunions internationales sur le financement du développement. Il demeure pour nous un objectif structurant pour l’aide publique au développement du Canada. Il faut avant tout s’assurer que toutes les activités canadiennes d’aide au développement officielle menées à l’étranger soient axées sur la réduction de la pauvreté et les inégalités ».

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Pour information :
Hélène Gobeil
Chargée des communications
Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)
communications@aqoci.qc.ca 514 871-1086, poste 205


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