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Diana Lucía Gómez Rodríguez de la Colombie

« Faut se parler d’avenir et l’avenir passe par la souveraineté des peuples à s’alimenter des fruits de leurs terres pour des générations et générations à venir. »

— Diana Lucía Gómez Rodríguez de la Colombie

Diana Lucía Gómez Rodríguez de la Colombie

Je m’appelle Diana Lucia Gomez Rodriguez, je suis une sociologue spécialisée en éthique et droits humains, mais je suis avant tout une femme et une militante. Depuis vingt ans, je m’attarde à co-créer des programmes éducatifs sur les droits humains, les droits ethnico-territoriales et les droits des enfants, jeunes et femmes principalement à l’éducation.Je m’implique dans nombreux organismes et coalitions et c’est ainsi que j’ai rencontré le Carrefour international bas-laurentien pour l’engagement social (CIBLES) qui est venu, accompagné de reporters de leur région, connaître les initiatives porteuses en matière d’environnement, de souveraineté alimentaire et de justice sociale en Colombie.

Un enjeu prioritaire pour la population colombienne actuellement est le droit à la terre et à une alimentation saine, accessible et culturellement adéquate. Depuis le début de 2000, les droits fonciers et la souveraineté alimentaire sont sérieusement touchés dans le pays.Entre autres, l’accord de libre-échange avec le Canada signé en 2008 a offert des avantages fiscaux aux minières et pétrolières qui s’installent à faible coût sur d’importants territoires riches en sols fertiles et eau potable. Ce traité a aussi supprimé les barrières tarifaires (taxes) sur le blé, orge, pois, haricots, lentilles et le boeuf canadiens, tous des secteurs très industrialisés et subventionnés au Canada qui viennent concurrencer injustement notre agriculture paysanne et écologique.

Dans ce sens, mon travail au côté de la population a été de défendre le droit à la souveraineté alimentaire et les territoires historiquement et culturellement construits. Des espaces d’échanges et de formations, de dénonciations, de mises en valeur des initiatives et de propositions des communautés ont été mis en place, tel le Comité SALSA (Sécurité Alimentaire, Souveraineté et Autonomie), la Campagne Dignité Paysanne, le Congrès Terres, Territoires et Souveraineté et le Sommet agraire.

Faut se parler d’avenir et l’avenir passe par la souveraineté des peuples à s’alimenter des fruits de leurs terres pour des générations et générations à venir.

Diana Lucía Gómez Rodríguez
Colombie
Organisme partenaire : Carrefour international bas-laurentien pour l’engagement social (CIBLES)

Crédit photo : Carrefour international bas-laurentien pour l’engagement social (CIBLES)


PASSEZ À L'ACTION

Envoyez un message au premier ministre et appuyer ainsi des groupes de femmes pour atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes partout dans le monde

Monsieur le Premier Ministre,

Je tiens tout d’abord à vous remercier pour les engagements que vous avez pris pour réaliser les droits des femmes et l’égalité entre les femmes et les hommes, au Canada et à l’étranger, dans le cadre de la récente campagne électorale. J’apprécie particulièrement votre engagement à nommer un cabinet composé d’un nombre égal d’hommes et de femmes; votre volonté d’assurer que les ministères fédéraux mènent des analyses comparatives entre les sexes pour informer leurs décisions; ainsi que votre engagement à offrir la gamme complète de services de santé reproductive dans le cadre de l’initiative sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants.

Car faut-il le rappeler, encore aujourd’hui, les femmes vivent davantage dans la pauvreté que les hommes. Elles sont moins scolarisées, souffrent davantage de la faim et sont sous-représentées dans les instances décisionnelles à tous les niveaux. Nous sommes très loin d’avoir atteint l’égalité entre les femmes et les hommes.

Heureusement, partout à travers le monde, des femmes luttent pour faire respecter leurs droits et se mobilisent pour changer les choses. Par exemple, je viens de prendre connaissance du travail remarquable accompli par Diana Lucía Gómez Rodríguez de la Colombie . Je souhaitais partager avec vous l’histoire inspirante de ces femmes et je crois fermement que nous devons encourager ce genre d’initiative.

Malheureusement, au cours des cinq dernières années, le Canada n’a accordé que de 1 à 2 % de son budget d’aide internationale aux programmes axés sur l’égalité entre les femmes et les hommes et sur l’autonomisation des femmes. Ce pourcentage se situe d’ailleurs sous la moyenne des fonds alloués par les autres pays donateurs, et ce, même si le Canada n’a cessé de placer officiellement le thème de l’égalité entre les sexes au cœur de ses programmes de développement international.

Comme l’illustre le travail de Diana Lucía Gómez Rodríguez de la Colombie , ce sont les femmes des pays du Sud elles-mêmes qui sont les mieux placées pour déterminer leurs besoins, proposer des solutions et organiser des actions. Je vous rappelle que la Politique en matière d’égalité entre les sexes de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), qui est toujours en vigueur, affirme à juste titre qu’ «on ne peut renforcer le pouvoir des femmes de l’extérieur : elles seules peuvent se donner les moyens de faire leurs choix ou de parler en leur propre nom » . La mise en œuvre d’une approche participative dans les programmes et les projets de développement est donc nécessaire.

Les organismes de coopération internationale (OCI) jouent aussi un rôle important en appui aux actions entreprises par les femmes au Sud. En effet, s’il revient aux groupes de femmes du Sud de définir leurs besoins et de proposer des solutions, les OCI soutiennent ces groupes de diverses façons, notamment en accompagnant des défenseures des droits des femmes dont la sécurité est menacée, en contribuant au renforcement de leurs organisations et de leurs programmes, et en les appuyant financièrement. Cette solidarité internationale, fondée sur la création de liens permanents et basée sur l’égalité, le partage, la réciprocité et le respect mutuel contribue à l’avancement des droits des femmes dans le monde.

Je demande donc au gouvernement du Canada…

  1. d’augmenter son appui financier, à travers son aide publique au développement (APD), aux programmes et aux projets destinés à favoriser les droits des femmes et l’égalité entre les femmes et les hommes;
  2. de mettre en œuvre une approche participative dans ses programmes et ses projets de développement pour laisser aux femmes du Sud le soin de définir leurs besoins et de proposer leurs propres solutions;
  3. d’appuyer le travail des organismes de coopération internationale qui œuvrent à la promotion des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

En septembre dernier, un nouveau cadre de développement international a été adopté lors d’un Sommet des Nations Unies à New York. Avec ce cadre, tous les pays se sont engagés, entre autres, à faire beaucoup plus pour parvenir à l’égalité entre les femmes et les hommes et pour promouvoir l’autonomie des femmes. Le Canada doit faire mieux pour réaliser ces objectifs ici et ailleurs.

Je sais que vous avez à cœur, Monsieur le Premier Ministre, d’assurer la pleine égalité économique, sociale et politique des femmes. À cet égard, vous pouvez compter sur mon appui et sur celui des organismes de coopération internationale du Québec.

Veuillez agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

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