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Comité de femmes utilisatrices (CFU) des services de santé de Dianwely Counda du Mali

Il faut des femmes qui bousculent les hommes si on veut que les choses changent

— Comité de femmes utilisatrices (CFU) des services de santé de Dianwely Counda du Mali

Comité de femmes utilisatrices (CFU) des services de santé de Dianwely Counda du Mali

« Notre comité de femmes utilisatrices (CFU) est un regroupement de femmes qui utilisent les services d’un Centre de santé communautaire et qui s’impliquent afin que les besoins de santé des femmes et des enfants soient répondus. Le CFU permet aussi que les femmes soient davantage représentées dans la gestion de la santé communautaire.

Le CFU nous a ouvert les yeux, car nous prenons la parole maintenant dans les causeries et faisons la restitution au chef de village sans gêne. Le personnel du CSCOM ne peut plus faire ce qu’il veut, par exemple dans la fixation des prix ou il y avait beaucoup d’irrégularités ; le CFU a exigé des prix fixes, de la transparence à travers le plaidoyer pour l’affichage de la tarification des actes et des prix des médicaments au Centre de Santé Communautaire (CSCOM). Il y a donc une pression sur le personnel à être plus rigoureux. Certaines pratiques ont aussi changé, en raison du lobbying fait par le CFU : ex : pratiques illicites au niveau de la fixation des coûts de certains actes ; par exemple, le CFU a exigé la fixation du prix de l’accouchement à 3 000cfa qui coûtait souvent plus de 10 000cfa et cela selon le statut et la provenance de la patiente. Bref, il faut des femmes qui bousculent les hommes si on veut que les choses changent ».

Comité de femmes utilisatrices (CFU) des services de santé de Dianwely Counda
Mali
Organisme partenaire : CECI
Crédit photo : CECI


PASSEZ À L'ACTION

Envoyez un message au premier ministre et appuyer ainsi des groupes de femmes pour atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes partout dans le monde

Monsieur le Premier Ministre,

Je tiens tout d’abord à vous remercier pour les engagements que vous avez pris pour réaliser les droits des femmes et l’égalité entre les femmes et les hommes, au Canada et à l’étranger, dans le cadre de la récente campagne électorale. J’apprécie particulièrement votre engagement à nommer un cabinet composé d’un nombre égal d’hommes et de femmes; votre volonté d’assurer que les ministères fédéraux mènent des analyses comparatives entre les sexes pour informer leurs décisions; ainsi que votre engagement à offrir la gamme complète de services de santé reproductive dans le cadre de l’initiative sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants.

Car faut-il le rappeler, encore aujourd’hui, les femmes vivent davantage dans la pauvreté que les hommes. Elles sont moins scolarisées, souffrent davantage de la faim et sont sous-représentées dans les instances décisionnelles à tous les niveaux. Nous sommes très loin d’avoir atteint l’égalité entre les femmes et les hommes.

Heureusement, partout à travers le monde, des femmes luttent pour faire respecter leurs droits et se mobilisent pour changer les choses. Par exemple, je viens de prendre connaissance du travail remarquable accompli par Comité de femmes utilisatrices (CFU) des services de santé de Dianwely Counda du Mali . Je souhaitais partager avec vous l’histoire inspirante de ces femmes et je crois fermement que nous devons encourager ce genre d’initiative.

Malheureusement, au cours des cinq dernières années, le Canada n’a accordé que de 1 à 2 % de son budget d’aide internationale aux programmes axés sur l’égalité entre les femmes et les hommes et sur l’autonomisation des femmes. Ce pourcentage se situe d’ailleurs sous la moyenne des fonds alloués par les autres pays donateurs, et ce, même si le Canada n’a cessé de placer officiellement le thème de l’égalité entre les sexes au cœur de ses programmes de développement international.

Comme l’illustre le travail de Comité de femmes utilisatrices (CFU) des services de santé de Dianwely Counda du Mali , ce sont les femmes des pays du Sud elles-mêmes qui sont les mieux placées pour déterminer leurs besoins, proposer des solutions et organiser des actions. Je vous rappelle que la Politique en matière d’égalité entre les sexes de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), qui est toujours en vigueur, affirme à juste titre qu’ «on ne peut renforcer le pouvoir des femmes de l’extérieur : elles seules peuvent se donner les moyens de faire leurs choix ou de parler en leur propre nom » . La mise en œuvre d’une approche participative dans les programmes et les projets de développement est donc nécessaire.

Les organismes de coopération internationale (OCI) jouent aussi un rôle important en appui aux actions entreprises par les femmes au Sud. En effet, s’il revient aux groupes de femmes du Sud de définir leurs besoins et de proposer des solutions, les OCI soutiennent ces groupes de diverses façons, notamment en accompagnant des défenseures des droits des femmes dont la sécurité est menacée, en contribuant au renforcement de leurs organisations et de leurs programmes, et en les appuyant financièrement. Cette solidarité internationale, fondée sur la création de liens permanents et basée sur l’égalité, le partage, la réciprocité et le respect mutuel contribue à l’avancement des droits des femmes dans le monde.

Je demande donc au gouvernement du Canada…

  1. d’augmenter son appui financier, à travers son aide publique au développement (APD), aux programmes et aux projets destinés à favoriser les droits des femmes et l’égalité entre les femmes et les hommes;
  2. de mettre en œuvre une approche participative dans ses programmes et ses projets de développement pour laisser aux femmes du Sud le soin de définir leurs besoins et de proposer leurs propres solutions;
  3. d’appuyer le travail des organismes de coopération internationale qui œuvrent à la promotion des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

En septembre dernier, un nouveau cadre de développement international a été adopté lors d’un Sommet des Nations Unies à New York. Avec ce cadre, tous les pays se sont engagés, entre autres, à faire beaucoup plus pour parvenir à l’égalité entre les femmes et les hommes et pour promouvoir l’autonomie des femmes. Le Canada doit faire mieux pour réaliser ces objectifs ici et ailleurs.

Je sais que vous avez à cœur, Monsieur le Premier Ministre, d’assurer la pleine égalité économique, sociale et politique des femmes. À cet égard, vous pouvez compter sur mon appui et sur celui des organismes de coopération internationale du Québec.

Veuillez agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

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