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Aginatha Festo Rutazaa de la Tanzanie

Aginatha Festo Rutazaa de la Tanzanie

Tanzanie : Transformer la vie des femmes et des enfants.
Une femme vraiment remarquable transforme les vies de femmes et d’enfants et de communautés entières.

Aginatha Festo Rutazaa est une travailleuse communautaire qui vit dans le petit village de Moshi près du Mont Kilimandjaro en Tanzanie. En 2009, lors de sa participation au Programme international de formation aux droits humains (PIFDH) d’Equitas à Montréal, Aginatha découvre qu’en habilitant les femmes traditionnellement marginalisées et à risque et en leur donnant un pouvoir financier, celles-ci pouvaient résoudre bon nombre de leurs problèmes et améliorer elles-mêmes leurs conditions de vie. La quête d’Aginatha pour un monde meilleur venait de s’amorcer !

Dès son retour en Tanzanie, cette mère célibataire de deux enfants décide de quitter un emploi stable pour créer une nouvelle organisation nommée Tusonge – « Allons de l’avant » en Swahili. Elle met sur pied des ateliers où elle initie aux rouages de l’emprunt et de l’investissement des femmes qui travaillent au marché. Elle les aide à développer un plan d’action pour améliorer leur statut en tant que femmes – ce plan sera présenté au public et fera partie des sujets discutés lors de la campagne électorale. Elle incite les femmes à se porter candidate aux élections, les aide à obtenir du crédit et à se battre pour leur droit à l’héritage. Puis, un vent de changement s’est mis à souffler sur la petite communauté : les femmes ont commencé à s’exprimer et à être écoutées. Elles se sont déplacées pour aller voter et certaines se sont fait élire au niveau du district.

Parce que leurs affaires sont de plus en plus florissantes et qu’elles gagnent plus d’argent, elles envoient leurs enfants à l’école. Elles investissent et gèrent le cycle du crédit, prêtent de l’argent à d’autres femmes et appuient d’autres membres de la communauté dans le besoin. Elles peuvent acheter de meilleurs aliments, ce qui améliore leur santé, celle de leurs enfants et de personnes atteintes du VIH/SIDA. De plus, elles ont pu aider une veuve à reprendre possession de sa maison matrimoniale après en avoir été chassée à la mort de son mari, comme le veut la coutume. Du jamais vu !

Ces femmes marginalisées dont plusieurs sont infectées par le VIH/SIDA et qui, hier encore, vivaient au jour le jour en travaillant au marché, étaient sans recours et incapables de prendre soin d’elles-mêmes et de leur famille, sont aujourd’hui en mesure de plaider en faveur de leur droit de vote et de se faire élire, de créer et de gérer des cycles du crédit, de développer leur commerce, d’améliorer leur santé et celle de leur famille et d’envoyer leurs enfants à l’école…et cela en moins d’un an !

De gauche à droite : Zainabu Zuberi, Sauda Lubuva, Halima Saidi et Salma Mdee – bénéficiaires de Tusonge. Depuis leur appartenance à cette organisation, ces femmes ont accru considérablement la valeur de leur petit commerce.

Aginatha Festo Rutazaa, fondatrice de Tusonge
Moshi, Tanzanie
Organisme partenaire : Equitas
Crédit photo : Gail Dalgleish, Equitas


PASSEZ À L'ACTION

Envoyez un message au premier ministre et appuyer ainsi des groupes de femmes pour atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes partout dans le monde

Monsieur le Premier Ministre,

Je tiens tout d’abord à vous remercier pour les engagements que vous avez pris pour réaliser les droits des femmes et l’égalité entre les femmes et les hommes, au Canada et à l’étranger, dans le cadre de la récente campagne électorale. J’apprécie particulièrement votre engagement à nommer un cabinet composé d’un nombre égal d’hommes et de femmes; votre volonté d’assurer que les ministères fédéraux mènent des analyses comparatives entre les sexes pour informer leurs décisions; ainsi que votre engagement à offrir la gamme complète de services de santé reproductive dans le cadre de l’initiative sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants.

Car faut-il le rappeler, encore aujourd’hui, les femmes vivent davantage dans la pauvreté que les hommes. Elles sont moins scolarisées, souffrent davantage de la faim et sont sous-représentées dans les instances décisionnelles à tous les niveaux. Nous sommes très loin d’avoir atteint l’égalité entre les femmes et les hommes.

Heureusement, partout à travers le monde, des femmes luttent pour faire respecter leurs droits et se mobilisent pour changer les choses. Par exemple, je viens de prendre connaissance du travail remarquable accompli par Aginatha Festo Rutazaa de la Tanzanie . Je souhaitais partager avec vous l’histoire inspirante de ces femmes et je crois fermement que nous devons encourager ce genre d’initiative.

Malheureusement, au cours des cinq dernières années, le Canada n’a accordé que de 1 à 2 % de son budget d’aide internationale aux programmes axés sur l’égalité entre les femmes et les hommes et sur l’autonomisation des femmes. Ce pourcentage se situe d’ailleurs sous la moyenne des fonds alloués par les autres pays donateurs, et ce, même si le Canada n’a cessé de placer officiellement le thème de l’égalité entre les sexes au cœur de ses programmes de développement international.

Comme l’illustre le travail de Aginatha Festo Rutazaa de la Tanzanie , ce sont les femmes des pays du Sud elles-mêmes qui sont les mieux placées pour déterminer leurs besoins, proposer des solutions et organiser des actions. Je vous rappelle que la Politique en matière d’égalité entre les sexes de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), qui est toujours en vigueur, affirme à juste titre qu’ «on ne peut renforcer le pouvoir des femmes de l’extérieur : elles seules peuvent se donner les moyens de faire leurs choix ou de parler en leur propre nom » . La mise en œuvre d’une approche participative dans les programmes et les projets de développement est donc nécessaire.

Les organismes de coopération internationale (OCI) jouent aussi un rôle important en appui aux actions entreprises par les femmes au Sud. En effet, s’il revient aux groupes de femmes du Sud de définir leurs besoins et de proposer des solutions, les OCI soutiennent ces groupes de diverses façons, notamment en accompagnant des défenseures des droits des femmes dont la sécurité est menacée, en contribuant au renforcement de leurs organisations et de leurs programmes, et en les appuyant financièrement. Cette solidarité internationale, fondée sur la création de liens permanents et basée sur l’égalité, le partage, la réciprocité et le respect mutuel contribue à l’avancement des droits des femmes dans le monde.

Je demande donc au gouvernement du Canada…

  1. d’augmenter son appui financier, à travers son aide publique au développement (APD), aux programmes et aux projets destinés à favoriser les droits des femmes et l’égalité entre les femmes et les hommes;
  2. de mettre en œuvre une approche participative dans ses programmes et ses projets de développement pour laisser aux femmes du Sud le soin de définir leurs besoins et de proposer leurs propres solutions;
  3. d’appuyer le travail des organismes de coopération internationale qui œuvrent à la promotion des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

En septembre dernier, un nouveau cadre de développement international a été adopté lors d’un Sommet des Nations Unies à New York. Avec ce cadre, tous les pays se sont engagés, entre autres, à faire beaucoup plus pour parvenir à l’égalité entre les femmes et les hommes et pour promouvoir l’autonomie des femmes. Le Canada doit faire mieux pour réaliser ces objectifs ici et ailleurs.

Je sais que vous avez à cœur, Monsieur le Premier Ministre, d’assurer la pleine égalité économique, sociale et politique des femmes. À cet égard, vous pouvez compter sur mon appui et sur celui des organismes de coopération internationale du Québec.

Veuillez agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

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Nuria Areli Cordon Guerra du Guatemala Ana Maria Vargas de La Paz en Bolivie Kongla Mercy Nfor du Cameroun Mélissa Mollen-Dupuis Diana Lucía Gómez Rodríguez de la Colombie Pamela Walden-Landry du Canada Awaj Warmi de la Bolivie Rosa Guaman de l'Équateur Les membres de la FADEF (Fédération des associations pour le développement et l'épanouissement de la femme) du Sénégal Yolette Jeanty d'Haïti Junice Melgar des Philippines Joséphine Yameogo du Burkina Faso Claire Pooda du Burkina Faso Triveni Acharya de l'Inde Famille Gaviria Serna de la Colombie Yolanda Perez Cruz de San Isidro Aloapam, Oaxaca, Mexique Groupement villageois de Pandiénou au Sénégal Femmes membres du Maata-N-Tudu au Ghana Réseau des Femmes pour l'Agriculture Biologique et le Commerce Équitable du Sénégal Asmaa Ibnouzahir, Québec, Canada Artisane d'Anyim de l'Ouganda Émilia Castro du Chili Coopérative Bambolina de l'Équateur Cristina Cucuri de l'Équateur Aura Lolita Chavez du Guatemala Elib Chuchón Gamboa de la communauté de San Melchor, à Ayacucho, Pérou Groupement féminin de Baback Sérère au Sénégal Pilar Trujillo de l'Amérique Latine Ariane Émond du Canada Lesbia Morales du Guatemala Comité de femmes utilisatrices (CFU) des services de santé de Dianwely Counda du Mali Juanita du projetPROGA-Jeunes du Nicaragua Angélica Rivas Monge du Salvador Aginatha Festo Rutazaa de la Tanzanie Aminata Dicko du Sénégal Fatoukiné Fall de Kaolak au Sénégal  Femmes de la formation AJA du Mali Pauline Zongo du Burkina Faso Le Centre de Ressources pour les Femmes Afghanes (CRFA) de village de Sherhankhail, Province de Kapisa, en Afghanistan Cecibel Hilasaca Solorzano du Pérou Augusta Henriques de la Guinée-Bissau Promotion de l'entreprenariat jeunesse et du leadership féminin (PEJELF) du Niger